LesCathares

 

A la fin du 11è siècle, certains esprits rejettent l’Eglise catholique et romaine qui impose sa vérité comme une pensée unique.

Certains prêcheurs tracent une voie nouvelle vers une plus grande pureté dans le manifeste de leur foi chrétienne. Ils tentent de renouer avec les règles de vie des premiers disciples du Christ. Prennant le nom de cathares, ces prédicateurs, vite appelés les parfaits, recoivent le consolamentum avant de vivre dans la chasteté et la pauvreté la plus totale, trouvant leur lumière dans l’évangile de Saint-Jean.

 

 

Leurs idées se propagent rapidement en Occitanie, dans la mesure où la chasteté et de l’ascétisme des parfaits font face aux excès, à l’opulence et à la corruption des mœurs du clergé séculier. Une prise de conscience de ce problème existe au sein de l’Eglise et, par exemple, Bernard de Clairvaux reproche le luxe de Cluny.

Cependant, les cathares vont plus loin. Ils s’opposent aux rites catholiques qu’ils considèrent condanables dans la mesure où, par exemple, il est impossible que Dieu, principe du bien, se soit incarné humainement dans le Christ. Certains refusent le baptême aux nouveaux-nés dans la mesure où ils ne sont pas en mesure d’affirmer leur foi et les derniers sacrements aux mourants, pour ne pas se substituer au jugement divin.

 

 

La doctrine des cathares se fonde sur une philosophie dualiste basée sur l’origine du mal. Pour eux, tous les hommes naissent bons et rencontrent le mal par la suite, durant leur vie. Le problème posé par les choix d’une vie peut se résoudre avec leur vision dualiste : il y a d’un côté le monde du bien, celui de Dieu, et de l’autre le monde du mal, celui du diable, du charnel, qu’il faut absolument fuir.

En 1204, à Carcassonne, une confrontation théologique a lieu entre catholiques et cathares, qui ont beau jeu d’opposer leur apostolat à celui du clergé. Mais la papauté ne compte pas en rester là. Raimon VI, comte de Toulouse, non plus, dont l’attitude envers les cathares a été jugée par trop laxiste et qui a été, de ce fait, excommunié par Pierre de Castelnau, légat du Pape. 

Les échanges continuent jusqu’en janvier 1208 où Raimon convoque les prélats à une entrevue à Saint-Gilles. La rencontre est houleuse et le comte menace les religieux. Le lendemain, Castelnau est retrouvé assassiné sur les berges du petit Rhône. Bien que Raimon n’en soit pas directement coupable, le pape Innocent III instrumente ce meurtre et appelle toutes les forces de la chrétienté à la croisade.

 

 

Du nord, le roi Philippe-Auguste y voit le bon moyen d’étendre son autorité sur le Midi, où il ne possède ni cité, ni accès au commerce méditerranéen. L’été 1209, une croisade est lancée contre les cathares et l’Occitanie. Une armée franque arrive par la vallée du Rhône.

 

En juillet, les biterrois refuseront de livrer les 200 cathares réfugiés dans leur ville. Tous, les 20.000 hommes, femmes et enfants, seront massacrés, y compris ceux réfugiés dans la cathédrale. «Dieu reconnaitra les siens» aurait dit Simon de Montfort, de retour de Palestine à la tête de ses «Chevaliers du Christ». En mémoire de cette affreuse boucherie, on dit en occitan lo gran mazel.

Carcassonne tombe en août. le vicomte Roger de Trencavel se rendant aux assiègeants pour éviter un nouveau bain de sang. Ensuite, Montfort prend Fanjeaux, Pamiers, brûle vifs 140 cathares à Minerve, en défigure 100 à Bram, en brûle encore 400 et en égorge 80 à Lavaur.

 

 

En septembre. Toulouse, assiégée. martyrisée, ne sera pas libérée.  Défait, Raimon, comte de Toulouse, s’enfuit vers l’Angleterre. La ville est offerte aux Monfort.

Les derniers cathares se réfugient dans les châteaux des environs, qui seront ruinés tour à tour.

 

 

Et cela va continuer, à Lyon, en Lombardie, en Champagne, puis, dès 1215, sous la “très sainte” inquisition

La ville rose sera reprise plus tard par des seigneurs occitans, déclenchant une nouvelle croisade contre le Languedoc. Décidée au concile de Bourges en 1225, elle sera menée par Louis VIII qui mettra définitivement fin aux révoltes et laissera Toulouse à jamais soumise.

 

 

Près d’un siècle plus tard, on brûlera les derniers cathares à Carcassonne.