LesVolques

 

Depuis le deuxième âge du fer, Vers 800 avant J.C., notre région était habitée par les Celtes, autrement dit “nos ancêtres les Gaulois”.

Autour de ce qu’est aujourd’hui le Golfe du Lion, s’était établie une tribu, celle des Volques, des agriculteurs - guerriers dont la capitale fut Lodève, puis Nîmes. Leur origine est incertaine, probablement issus des bords du Danuble et ensuite métissés avec les Ibères.

 

Ils représentent une société rurale, d’abord organisée en propriétés agricoles éparses. La base de leur alimentation était la farine qu’ils obtenaient en broyant du blé ou du seigle. Ils mangeaient quotidiennement des légumes, comme le chou ou les carottes et trouvaient leurs protéines dans le lait et surtout les fromages, fort appréciés. Ce n’est que lors de banquets que quelques animaux de leur cheptel passaient au grill ou à la broche. Si la chasse était peu prisée, ils savaient faire fermenter l’orge ou le raisin pour obtenir des boissons alcoolisées.

 

Les Volques étaient également de artisans de premier ordre. Dès le 6è siècle avant J.C., ils n’hésitaient pas à entreprendre de longs voyages y compris sur le pourtour méditerranéen, pour y troquer leurs produits ou en acheter d’autres. La monnaie leur est connue à partir du 2è siècle avant J.C.

 

Au contact des Grecs notamment, les Volques vont se regrouper dans des micro-états, des villes fortifiées nommées oppidum, qui rassemblent sanctuaire, ateliers d’artisans et habitations autour d’une place centrale. Les oppidum sont nombreux alentours, comme celui d’Ambrussum, près de Villetelle et aussi ceux de Villevieille près de Sommières; de Mus, près de Seauve; de Védrines, près de Vauvert; de Castelnau-le-Lez; de La Ramasse, près de Clermont l’Hérault; de Pezenas; de Saint-Thibéry; de Murviel-les-Montpellier ou d’Enserune.

 

Les druides étaient les guides spirituels des Volques. Ils étaient guérisseurs et gardiens des connaissances du moment, de l’astronomie, des lieux sacrés, des sources et des rites pouvant satisfaire les dieux de l’autre monde. Les rites funéraires étaient recherchés et les sépultures des grandes familles particulièrement riches en objets précieux. Ils étaient formés par leurs prédécesseurs, selon un cursus durant une vingtaine d’années. Leur sagesse leur valait de pouvoir fédérer la tribu et de rendre la justice. Ils se retrouvaient régulièrement lors d’assemblées régionales où les grandes orientations étaient annoncées et les décisions politiques prises.

 

Ils célébraient Toutatis, dieu de la guerre et n’hésitaient pas à lui rendre hommage par des sacrifices de taureaux, voire d’humains. Ils invoquaient aussi Belenos, dieu du soleil fêté le 1er mai, Tanaris, dieu du ciel, du tonnerre et de la foudre et Epona, déesse de la fertilité.

Les bardes, à la façon des griots africains, étaient les gardiens de la tradition orale, chantant les louanges et contant les exploits des ancêtres dont ils connaissaient la généalogie.

 

Les Celtes étaient des guerriers redoutables, craints de leurs ennemis. Pour donner un exemple, en 390 avant J.C., ils envahissent l’Italie et incendient Rome. “Vae Victis” malheur aux vaincus, dira Brennos en trichant sur la pesée des 1.000 livres d’or de rançon.

 

En -218, lors de la deuxième guerre punique qui opposa Carthage à Rome, les troupes carthaginoises arrivèrent d’Espagne avec, à leur tête, Hannibal et ses éléphants. Le général traversa tout le Languedoc sans chercher querelle mais il fut sporadiquement et violemment attaqués par les Volques, perdant ainsi plus de 10.000 fantassins et de 1.000 chevaux. Il finit par atteindre le Rhône qu’il traversa au niveau de Canderousse, près d’Orange, et parti en direction des Alpes.

 

En - 125, les romains avaient conquis Marseille et étendaient leur colonie en remontant la vallée du Rhône. Les Allobroges et les Arvernes résistèrent mais furent vaincus à Vindalium, mis en déroute par Cneus Domitius Ahenobarbus, dit Barberousse, lui aussi accompagné de ses éléphants. Le temps était venu de la romanisation que les Volques accepterons rapidement.

 

A partir de -58, en six ans, la guerre des Gaules menée par Jules César mettra un point final à l’indépendance celte de la Gaule et cette culture sera dissoute d’abord par l’adoption du latin au 1er siècle, ensuite au contact des premiers chrétiens au 5è siècle.