Ambrussum

 

En l’Espagne, la Via Augusta reliait Cadix aux Pyrénées, aboutissant au niveau du col de Panissars où Pompée avait fait ériger un trophée afin d’immortaliser son propre triomphe sur un soulèvement de peuples espagnols.

C’est à partir de ce col, situé sur l’actuelle commune du Perthus, qu’en -118, Cneus Domitius Ahenobarbus va utiliser le tracé d’anciennes voies celtes pour aménager la Via Domitia et, tous les chemins menant à Rome, relier l’Espagne au reste de l’Empire, à travers toute la province narbonnaise.

 

La Via Domitia était destinée à faciliter la circulation des légions comme le transport de marchandises. A partir des années 20 avant J.C., elle permettra également la distribution rapide du courrier. Des bornes de pierre jalonnaient tout le parcours et indiquaient les distances en milles, un mille romain valant 1.480 mètres.

 

La Via Domitia menait tout d’abord des Pyrénées à la capitale provinciale, Narbonne, puis, entre étangs et marécages, remontait vers l’oppidum d’Ensérune et rejoignait la ville de Béziers, où elle traversait l’Orb. Passant ensuite par l’oppidum de Saint-Thibéry, elle traversait le Lez à Castelnau-le-Lez (Sextantio), puis Le Crès, Castries et le Vidourle par le pont Ambroix. Il ne reste aujourd’hui qu’une seule des neuf arches de ce pont long de 150 et large de 6,60 mètres.

 

A l’écart du pont, aux pieds d’un ancien oppidum celte, Ambrusum, classée aux monuments historiques depuis 1974, fut construite par et pour l’armée romaine aux environs de 30 avant J.C.. Elle peut être vue comme un relais routier des premiers siècles de notre ère, une halte pour ceux qui contribuaient au bon développement de la province.

De tels relais existaient tous les 15 kilomètres. Le site permet une découverte aisée de ce que put être la Via Domitia. Outre les vestiges de la voie elle-même et des restes de bâti à ciel ouvert (auberges, relais de poste, bains), un musée propose une salle d’exposition toute en longueur, où nous pouvons nous imaginer empruntant la chaussade.

 

La voie rejoignait ensuite la ville de Nîmes, traversait le Rhône au niveau de Tarascon-Beaucaire et continuait vers les territoires cisalpins.