Vers 750, craignant les invasions maures, le franc Alguif abandonne Maguelone et privilégie Melgueil, au carrefour de la via domitia et de la route du sel. 

Il y fait creuser des fossés circulaires et butter la terre pour édifier une tour de guet en bois, dominant la plaine, d’où l’ennemi viendra... Son domaine s’étend à perte de vue autour de ce fier donjon. Bientôt, l’emplacement du fief devient incontournable, entre comtés de Toulouse et de Provence.

Les auto-proclamés comtes se succèdent et prennent la liberté de battre monnaie. Le denier melgorien, de cuivre et d’argent, devient la monnaie la plus utilisée pour commercer en occitanie et tout autour de la Méditerranée. 

Vers 960, Bernard II de Melgueil, fait maçonner en contrebas de la motte un château de défense. En 978, il attribue à son fils Pierre, évêque de Subtantio, la terre de Maguelone. Le 25 novembre 985, le comte offre à un vassal, le chevalier Guihem, pour son courage, la villae de Candillargues et une tenure de terre entre la via domitia, le Lez et la Mosson. Ce lieu-dit porte le nom de Montpellier et, rapidement, le dynamisme de cette nouvelle cité portera un premier coup aux Melgueil. En 1085, Pierre de Melgueil inféode, pour le sauvegarder, son comté au Saint-Siège.

Au XIIe siècle, la cité fortifiée est encore une ville étape agréable pour les croisés, les papes, les cardinaux et  les pèlerins. Mais Bernard IV n’aura pas de fils et le comté, après avoir été géré par différents seigneurs voisins, passera, par alliance, aux mains de Raymond VI, comte de Toulouse, avant d’être confisqué par le pape suite à la croisade contre les Cathares.

Au XIVe siècle, les papes, en Avignon, abandonnent leurs droits sur Melgueil au profit de la couronne de France.

Le grau de Melgueil devient passage obligé pour Montpellier voulant accéder à la mer et l’octroi fait les recettes de la cité.

Au XVIe siècle, la ville est acquise au protestantisme. Les guerres de religion, entraînant le départ des protestants, signent le déclin de la ville. Les murailles sont détruites et le château abattu.

Au XIXe siècle, la viticulture entraîne un nouvel essor et la ville de 3.000 habitants se pare de riches hôtels particuliers, propriétés de négociants en vin et en alcool médical.

L’aube du XXe apporte le modernisme. Les écoles des garçons et des filles sont construites en 1883. L’Hôtel de ville est bâti en 1902 et l’église Saint-Jacques embellie. Des halles à la Baltard couvrent le marché. Sur l’ancienne motte, un réservoir est construit en 1903, dont l’eau, puisée dans la nappe par une pompe mue par une éolienne, est distribuée aux fontaines et aux tout nouveaux lavoirs. 

Un belvédère couronne l’ensemble. En 1906, la motte elle-même devient un jardin post-romantique où il fait bon se promener - et se montrer - chaque  dimanche. Parfumé de fleurs et d’essences exotiques, agrémenté de rocailles, il est, depuis 1992, site classé.

As of year 750, fearing the Moors invasions, The franc Alguif prefers Melgueil from Maguelone, choosing this site due to its crossroads between via Domitia and the Road of Salt.

He ordered the digging of circular ditches and ridges the ground to build a wood watchtower, dominating the plain, from where the enemy will come… Its domain extends as far as the eye can see all around this proud tower. The site of this stronghold becomes inevitable, between the counties of Toulouse and Provence.

The self-proclaimed Earls follow one after another and proceed issuing their own currency. The latest Melgorien coin, of copper and silver, becomes the most commonly used currency to trade in Occitanie and all around the Mediterranean.

   

Towards the year 960, Bernard II of Melgueil, builds a defensive castle down below the mount. In the year 978, he offers the land of Maguelone to his son Pierre, the bishop of Subtantio. In November 25th of the year 985, the Earl offers the villae of Candillargues and land between via Domitia, Lez and Mosson to his vassal, the Guilhem knight, as a token for his courage. This locality bears the name of Montpellier and quickly the dynamism of this new city will carry a first blow to Melgueil. In the year 1085, in an attempt to save its county, Pierre de Melgueil pledged the land to the holy siege.

In the XIIth century, the fortified city is still a pleasant stopover for the crusaders, the popes, the cardinals and the pilgrims.

However, Bernard IV will not have any sons and the county, after having been managed by various neighboring lords, will end up, through an Alliance, in the hands of Raymond VI, Earl of Toulouse. It is then confiscated by the pope following the sad crusade against Cathares.

In the XIVth century, the popes in Avignon give up their rights on Melgueil to the profit of the crown of France.

The Grau of Melgueil becomes a required passage to reach the sea from Montpellier, and the excise duty becomes the source of the city’s revenue.

In the XVIth century, the city falls in the hands of Protestantism. The French Wars of Religion, involving the departure of the Protestants, brought the decline of the city. The walls and the castle are destroyed.

In the XIXth century, the wine growing industry brings a new economic boom and the town of 3.000 inhabitants sees the rise of private mansions, wine and spirits trader’s properties.

The beginning of the XXth century brings modernism. The boys and the girls’ schools are built in 1883. The Town hall is built in 1902, and the Saint-Jacques church embellished. Markets are covered in Baltard’s Halles style. On the old mount, a tank is built in 1903, whose water, drawn from the ground by a pump fuelled by a wind turbine, is distributed to the fountains and to the very new washtubs.A belvedere crowns it all. In 1906, the mount itself becomes a post-romantic garden cented from the exotic flowers and exotic essences where it is pleasant to walk around -and to be seen- on Sundays. It is, since 1992, a classified site